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Le syndrome mahorais

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"Le syndrome mahorais" de Frédéric Lambolez et Jean-Marie Pernelle, 52', 2014, Production En Quête Prod/France TV (Archipels)
Avec le soutien de la Région Réunion, du CNC, de la PROCIREP/ANGOA et des souscripteurs

Le syndrome mahorais est un documentaire de 52mn, tourné à Mayotte et aux Comores. Nous suivons Haïdar, un jeune quadra mahorais indépendantiste qui est très affecté par le choix de ses concitoyens qui ont voté, à plus de 95%, pour la départementalisation de Mayotte: N’est-ce pas une sorte de reniement de soi et de sa propre identité ?

Pour Haïdar, la culture comorienne, commune aux quatre îles de l’archipel, va se voir inéluctablement déstructurer à Mayotte, voire même détruite par le « rouleau compresseur assimilationniste » français. Et comment gérer la question des liens familiaux qui existent entre ces îles depuis toujours ? Haïdar a donc fait un choix radical, celui de partir s’installer aux Comores. Pour cela, il doit tout d’abord se rapprocher, sur place, de sa famille du coté maternel et surtout de celle de son père, qu’il ne connaît pas.

Intention

Mayotte est devenu le 101ème département français (5ème DOM) le 31 mars 2010. Cette décision a été entérinée par un référendum local en mars 2009 initié par le gouvernement Fillon/Sarkozy. Les mahorais ont massivement voté « oui » à 95,2 % (61,4 % de participation). L'année précédent ce référendum, de nombreuses consultations et débats ont été organisés pour « informer » la population mahoraise. Les médias locaux ont largement commenté le sujet et relayé les interventions et positions des uns et des autres.

En tant que citoyens français résidant à la Réunion depuis une vingtaine d'années et observateurs attentifs de l'actualité mahoraise, nous avons été très surpris du déroulement de ces consultations et débats préalables au référendum.

Il est apparu à tous les observateurs présents que le « oui » a été très largement défendu et que les tenants du «non» ont eu beaucoup de difficultés à s'exprimer et à développer leur argumentation. Une forme d'omerta s'est imposée qui a fini par limiter le débat et les interventions et a abouti à ce que des réticences légitimes ne puissent pas « polluer » ou remettre en question la décision et le choix des Mahorais, dans une forme de monopole de la parole par les élites et de développement des peurs de « largage » (abandon) en cas de victoire du « non ». Celui ou celle qui osait contester le choix de la départementalisation ou aborder d'autres solutions possibles prenait le risque de remettre en cause l'engagement de la France sur le territoire et de détruire à jamais les espoirs de la grande majorité. Mayotte aurait alors pris le risque de sombrer dans la pauvreté et le sous-développement à l'image de ses voisins des Comores et de Madagascar.

La question du lien aux îles « sœurs » de l'union des Comores a été très largement stigmatisée et principalement abordée sur le thème dramatique de l'immigration clandestine, des conséquences de cette immigration sur l'insécurité et la dilution des moyens économiques ou en développant un discours historique réinterprétant les liens étroits entre Mayotte et les 3 autres îles de l'archipel. La question des conséquences sur la culture et l'organisation de la société mahoraise (société musulmane) a été limitée à quelques sujets sociaux ciblés (la polygamie, le rôle des cadis et imams notamment dans la justice, l'état civil et le droit foncier). L'impact du modèle social français/européen/occidental de société de consommation a été en grande partie occulté et la question de la politique « d'assimilation » menée par la France et ses institutions, à l'image de ce qui s'est produit dans les autres DOM et notamment à la Réunion depuis ces 50 dernières années, a été minimisée et peu analysée.

Il nous semble que, même si les Mahorais ont choisi la départementalisation, une grande partie d'entre eux ont une très grande peur de la transformation de leur société et de la voie qu'elle prend, notamment vis-à-vis des pays voisins. Et le questionnement et la gestion de cette peur ont été étouffés, déniés ou minimisés voir instrumentalisés. Un choix manichéen a été imposé, plus ou moins sciemment, entre refuser la départementalisation et être voué à la pauvreté et à l'abandon par la France ou au contraire l'accepter et bénéficier d'un développement heureux. On est au cœur d'une forme de schizophrénie !

Notre ambition est d'ouvrir une « fenêtre » de réflexion sur ces aspects de la départementalisation et tenter de minimiser un discours de rejet et de peur qui paraît se développer ces dernières années. Il nous semble également important de rétablir un équilibre plus sain dans le débat démocratique afin de permettre à un grand nombre de Mahorais, mais également aux spectateurs des autres DOM et de l'Hexagone, de découvrir d'autres aspects de la problématique.

Un film de Frédéric Lambolez et Jean-Marie Pernelle
52 mn - 16/9 compatible 4/3 - Version française
Une coproduction En Quête Prod/France TV
Avec le soutien du CNC (Centre National du Cinéma et de l'Image Animée), de la Région Réunion, de la PROCIREP/ANGOA

La Bande Annonce


Le syndrome mahorais - Bande annonce 1 par En Quete Prod

Le teaser 1


Teaser 1 - Le Syndrome mahorais par En Quete Prod

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La souscription au projet "Le syndrome mahorais" permet de soutenir le film, de pouvoir le visionner en VOD dès mai 2014 et de recevoir le DVD dès sa disponibilité durant le 2ème semestre 2017.

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